GoWork (gowork.fr) est probablement la plateforme d'avis employeurs la plus problématique pour les entreprises françaises. Anonymat total, modération minimale, propos diffamatoires fréquents. Voici comment obtenir la suppression d'un avis ou d'une fiche entière.
1. Pourquoi GoWork est si problématique
GoWork est une plateforme polonaise (gowork.com / gowork.fr) où d'anciens ou actuels salariés notent et commentent leur entreprise de façon généralement anonyme. Sa version française est devenue un point noir pour de nombreuses TPE et PME.
Plusieurs raisons à cela :
- Anonymat total : GoWork ne vérifie pas l'identité ni le statut de salarié des auteurs. N'importe qui peut poster un avis sur n'importe quelle entreprise.
- Modération minimale : là où Google ou Glassdoor suppriment rapidement les avis manifestement abusifs, GoWork laisse en ligne des contenus parfois clairement diffamatoires.
- Référencement Google fort : les fiches GoWork apparaissent souvent en première page Google sur le nom des entreprises.
- Politique commerciale critiquée : GoWork a longtemps proposé des contrats payants aux entreprises pour « améliorer » leur fiche, pratique qui a fait l'objet de plaintes.
2. Le statut juridique de GoWork
GoWork est édité par GoWork.com Sp. z o.o., société polonaise. Mais en proposant un service en français aux résidents européens et en collectant leurs données personnelles, GoWork est pleinement soumis au RGPD européen. C'est notre principal levier.
GoWork dispose d'un délégué à la protection des données (DPO) qui doit traiter les demandes RGPD dans le délai légal d'un mois. Il dispose également d'une obligation, en tant qu'hébergeur, de retirer les contenus manifestement illicites sur signalement (article 6 LCEN, applicable même aux hébergeurs étrangers ciblant la France).
3. Quels avis GoWork peuvent être supprimés
Diffamation
Avis qui contient des accusations factuelles fausses (vol de salaire, harcèlement avéré, fraude) sans preuve. La diffamation est sanctionnée par la loi du 29 juillet 1881. Suppression dans 80 % des cas.
Atteinte à la vie privée
Avis qui mentionne nommément un dirigeant ou un manager, révèle des éléments de sa vie privée, ou divulgue des données personnelles. Le RGPD impose la suppression.
Violation du secret professionnel
Avis qui révèle des informations confidentielles sur l'entreprise (chiffre d'affaires, projets, secrets de fabrication, données clients). Cumul de plusieurs infractions, suppression rapide.
Faux avis
Avis posté par une personne qui n'a jamais travaillé dans l'entreprise. Plus difficile à prouver, mais des indices internes (mention de fonctions inexistantes, dates impossibles, lieux faux) permettent de constituer un dossier.
Injures, propos discriminatoires
Insultes, propos racistes ou sexistes, menaces. Suppression rapide.
4. La procédure de suppression standard ne marche presque jamais
GoWork propose un formulaire de signalement intégré. Dans la pratique, il aboutit dans moins de 10 % des cas pour les entreprises qui le tentent seules. La raison : GoWork rejette par défaut les signalements qui ne sont pas appuyés par un argumentaire juridique solide.
Si vous avez déjà signalé sans succès, ne vous découragez pas : la voie RGPD est tout autre.
5. La procédure RGPD qui fonctionne
Étape 1 : identification des avis supprimables
Tous les avis ne sont pas supprimables. Faites le tri entre les avis manifestement abusifs (ceux que nous traitons) et les avis exprimant un mécontentement légitime (qui restent protégés par la liberté d'expression).
Étape 2 : demande RGPD au DPO
Adressez une demande argumentée au DPO de GoWork (dpo@gowork.com). Le courrier doit :
- S'identifier (entreprise, dirigeant, justificatifs)
- Identifier précisément les avis litigieux (URL, dates)
- Citer les articles RGPD applicables (notamment article 17 et article 21 sur le droit d'opposition)
- Citer la loi du 29 juillet 1881 si diffamation
- Citer la jurisprudence pertinente (Cour de cassation, CJUE)
- Demander explicitement la suppression sous 30 jours
Étape 3 : si refus, mise en demeure
GoWork rejette ou ignore beaucoup de demandes individuelles. Une mise en demeure formelle, signée par un avocat ou un cabinet, signale votre détermination. Elle débloque environ 60 % des cas restants.
Étape 4 : saisine de l'autorité de contrôle
En dernier recours, plainte CNIL ou auprès de l'autorité polonaise (UODO). Procédure plus longue mais qui aboutit dans la plupart des cas.
6. Supprimer une fiche GoWork complète
Si votre fiche GoWork est saturée d'avis négatifs et qu'un nettoyage avis par avis n'est pas réaliste, vous pouvez engager une procédure de suppression de la fiche entière. Les motifs valables :
- Fiche créée sans votre accord, alors que votre entreprise n'a jamais autorisé sa présence
- Fiche contenant des informations objectivement fausses
- Fiche dont le ratio d'avis manifestement illicites dépasse un seuil critique
- Cessation d'activité ou refonte d'identité de marque
La procédure prend 6 à 12 semaines. Tarif typique chez un cabinet spécialisé : 600 à 1 500 €.
7. Stratégie de déréférencement Google en parallèle
Pendant que vous travaillez sur GoWork, engagez en parallèle un déréférencement Google des URL spécifiques. Même si l'avis reste sur GoWork, il n'apparaîtra plus dans les résultats Google sur le nom de votre entreprise.
Cette stratégie en deux temps est souvent la plus efficace : vous obtenez la suppression sur la moitié des avis, et le déréférencement Google sur les autres. Le résultat business est le même : vos prospects ne voient plus les avis litigieux.
8. Coût d'une procédure de suppression GoWork
- Démarche en autonomie : gratuit, mais taux de réussite très faible (10-15 %)
- Avocat seul : 500 à 1 500 € par avis, mais sans garantie
- Cabinet spécialisé en e-réputation : 200 à 400 € par avis, taux 60-75 %, solde uniquement sur résultat (modèle Supprimo)
- Suppression de fiche complète : 600 à 2 000 €
9. Délais réalistes
- Avis avec violation manifeste (insultes, racisme) : 2 à 4 semaines
- Avis diffamatoire avec dossier solide : 4 à 8 semaines
- Avis litigieux nécessitant mise en demeure : 6 à 10 semaines
- Suppression de fiche complète : 8 à 16 semaines
10. Conseils tactiques
Documentez chaque avis
Capture d'écran, date, contenu intégral, profil de l'auteur (s'il apparaît). Plus votre dossier est documenté, plus la suppression est probable.
Ne répondez pas publiquement
Comme sur Google, une réponse publique cristallise l'avis et peut amener l'auteur à riposter, escaladant le conflit.
Ne tentez pas de faire poster de faux avis positifs
Stratégie risquée et illégale (concurrence déloyale, atteinte au consommateur). Si vous êtes pris, GoWork peut sanctionner toute votre fiche, et vous risquez des poursuites.
Pensez au déréférencement Google même en cas d'échec
Si GoWork refuse définitivement, le déréférencement Google reste une porte de sortie. Coût : 60 € HT par URL chez Supprimo.
Conclusion
GoWork est résistant aux demandes de suppression individuelles et standards. Mais il est pleinement soumis au RGPD, et avec une procédure bien construite, on obtient la suppression dans 70 % des cas pour les avis manifestement abusifs. La clé : rédaction juridique précise, suivi des délais, et capacité à escalader (mise en demeure, CNIL, voire référé).
Pour les entreprises avec une dizaine d'avis problématiques, le retour sur investissement est rapide : 1 500 € pour 5 suppressions peuvent générer une augmentation de chiffre d'affaires de plusieurs milliers d'euros par mois.
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En savoir plus sur ce serviceQuestions fréquentes
Combien de temps un avis GoWork reste-t-il en ligne en moyenne ?
Si vous ne faites rien, indéfiniment. GoWork ne supprime pas automatiquement les avis anciens et n'archive pas les fiches inactives.
Peut-on poursuivre un auteur d'avis GoWork anonyme ?
Oui, une procédure judiciaire peut obliger GoWork à révéler l'IP et les données de l'auteur. Réservée aux cas graves (diffamation pénale, harcèlement). Coûteux mais possible.
GoWork peut-il refuser ma demande de suppression ?
Oui, et il refuse fréquemment les demandes en première instance. Il faut alors escalader (mise en demeure, CNIL, action judiciaire). Le simple refus initial n'est pas définitif.